
Installer une pièce non homologuée n’est pas un simple risque d’amende ; c’est un acte juridique qui peut annuler votre contrat d’assurance et vous laisser avec une dette à vie.
- L’assureur se base sur la conformité d’origine du véhicule pour calculer le risque. Toute modification non déclarée constitue une fausse déclaration intentionnelle au sens de l’article L113-8 du Code des assurances.
- En cas de sinistre, un expert établira systématiquement le lien de causalité, même indirect, entre la pièce non conforme et l’accident pour justifier la déchéance de garantie.
Recommandation : Avant toute modification, vérifiez l’homologation européenne (marquage « E » dans un cercle) et déclarez systématiquement l’ajout à votre assureur pour obtenir un avenant au contrat.
La tentation est grande. Sur une plateforme en ligne, cette rampe LED, ces jantes surdimensionnées ou ce kit d’admission directe promettent de transformer votre véhicule pour une fraction du prix des pièces d’origine. Vous cliquez, vous commandez, vous montez. Vous admirez le résultat, fier de cette amélioration qui vous semble à la fois esthétique et performante. Pourtant, à votre insu, vous venez de signer un document bien plus lourd de conséquences qu’une simple facture : vous venez de rompre unilatéralement le contrat de confiance qui vous lie à votre assureur.
En matière d’assurance automobile, la règle est d’une simplicité glaciale : l’assureur couvre un risque défini et accepté, matérialisé par un véhicule dans son état de conformité d’origine, celui qui a servi à son homologation. Modifier cet état sans en informer sa compagnie n’est pas vu comme une simple personnalisation. Du point de vue légal, c’est une aggravation du risque, une fausse déclaration qui, en cas de sinistre, ouvre la porte à la plus redoutée des sanctions : la déchéance de garantie. L’expert en accidentologie que je suis ne cherche pas à savoir si la pièce est « mieux » ou « moins bien ». Il cherche à établir un lien de causalité entre la non-conformité et l’accident. Et ce lien est bien plus facile à prouver que la plupart des conducteurs ne l’imaginent.
Cet article n’est pas un simple rappel à la loi. C’est une plongée dans la logique implacable de l’expertise post-accident. Nous allons décortiquer, point par point, les pièges les plus courants qui transforment un passionné de mécanique en un débiteur insolvable, privé de toute couverture. L’objectif est de vous armer de la connaissance nécessaire pour faire des choix éclairés, en comprenant que la véritable valeur d’une pièce ne se mesure pas à son prix d’achat, mais à sa conformité légale.
Pour naviguer à travers les aspects critiques de la conformité automobile, cet article est structuré autour des points de contrôle les plus fréquents qui peuvent entraîner un refus d’indemnisation. Chaque section expose un risque spécifique, étayé par la réglementation en vigueur et la réalité du terrain.
Sommaire : Les points de non-conformité qui annulent votre couverture assurance
- Comment distinguer le vrai marquage CE d’une contrefaçon chinoise « China Export » ?
- Ampoules LED en seconde monte : l’erreur qui vous aveugle et vous recale au contrôle technique
- Vitres teintées à l’avant : quelle est la limite d’opacité tolérée par la police ?
- Jantes larges : pourquoi changer la dimension des pneus peut fausser votre compteur et l’ESP ?
- Quand un accessoire esthétique devient-il une arme dangereuse pour les piétons ?
- 1,6 mm de profondeur : pourquoi attendre la limite légale augmente votre distance de freinage de 50% sous la pluie ?
- Impact dans le champ de vision : quand la réparation par résine est-elle interdite ?
- Quelles sont les 5 nouvelles infractions vidéo-verbalisables qui piègent les conducteurs ?
Comment distinguer le vrai marquage CE d’une contrefaçon chinoise « China Export » ?
Le premier rempart contre la non-conformité est votre propre vigilance. De nombreux automobilistes pensent, à tort, que le logo « CE » apposé sur un produit est un gage de qualité et de légalité en Europe. C’est une erreur fondamentale qui peut coûter cher. En matière d’équipement automobile, le marquage pertinent n’est pas le « CE » générique, mais le marquage d’homologation européen, symbolisé par la lettre « E » majuscule inscrite dans un cercle ou un rectangle, suivie d’un numéro désignant le pays ayant accordé l’homologation (par exemple, E2 pour la France, E1 pour l’Allemagne).
Pire encore, une confusion savamment entretenue par certains fabricants peu scrupuleux existe avec un logo très similaire : le « CE » de « China Export ». Visuellement, la seule différence réside dans l’espacement des deux lettres, beaucoup plus rapprochées dans la version chinoise. Ce marquage n’a aucune valeur juridique en Europe et ne garantit absolument aucune conformité aux normes de sécurité. Pour un expert, la présence de ce faux marquage sur une pièce impliquée dans un sinistre est une preuve irréfutable de non-conformité, justifiant à elle seule une recommandation de déchéance de garantie.
L’enjeu est donc de savoir identifier la preuve d’une réelle homologation. Ce marquage « E » doit être accompagné d’une série de chiffres correspondant au règlement technique spécifique (par exemple, « ECE R37 » pour les ampoules) et à un numéro d’homologation unique. L’absence de ce marquage complet sur une pièce essentielle (éclairage, freinage, liaison au sol) est un drapeau rouge immédiat.
Plan d’action : Votre checklist pour vérifier un marquage d’homologation
- Identifier le bon symbole : Recherchez le marquage « E » majuscule dans un cercle (ou un rectangle), et non le simple logo « CE » qui peut être le sigle trompeur « China Export ».
- Analyser le code pays : Vérifiez le numéro qui suit la lettre « E ». Ce chiffre indique le pays qui a délivré l’homologation (ex: E1 pour l’Allemagne, E2 pour la France, E11 pour le Royaume-Uni).
- Noter la référence complète : Relevez le numéro d’homologation complet, qui se trouve généralement à côté du marquage « E ». Il s’agit d’une longue série de chiffres et de lettres.
- Vérifier auprès des autorités : En cas de doute sur une pièce coûteuse, croisez cette référence sur les bases de données publiques des organismes notifiés, comme le site de l’UTAC en France, pour en confirmer l’authenticité.
- Signaler les fraudes : Si vous suspectez un marquage contrefait sur un produit vendu en France, n’hésitez pas à le signaler à la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes).
Ne vous fiez jamais aux affirmations d’un vendeur en ligne ; seule la gravure sur la pièce elle-même fait foi. Un produit sans marquage « E » n’a pas sa place sur un véhicule circulant sur la voie publique.
Ampoules LED en seconde monte : l’erreur qui vous aveugle et vous recale au contrôle technique
Remplacer ses vieilles ampoules halogènes par des kits LED « plug-and-play » est l’une des modifications les plus populaires. La promesse d’un éclairage plus blanc, plus puissant et plus moderne est séduisante. Cependant, d’un point de vue réglementaire, c’est un véritable champ de mines. Un phare de véhicule est un système optique complexe, conçu pour fonctionner avec un type de source lumineuse précis (halogène, xénon, ou LED d’origine). Le réflecteur et la lentille sont calculés pour focaliser le faisceau d’une ampoule dont le filament ou la puce est positionné au millimètre près.
Monter une ampoule LED « universelle » dans un phare conçu pour une halogène perturbe entièrement cette géométrie. Le résultat est quasi systématiquement un faisceau lumineux diffus et non maîtrisé, qui éblouit dangereusement les usagers venant en sens inverse. Même si vous avez l’impression de « mieux voir », vous devenez un danger public. C’est pour cette raison que la réglementation est formelle : une telle modification est interdite. Comme le rappelle un expert en réglementation, la position est sans appel.
Une ampoule LED ‘universelle’ achetée sur internet pour remplacer une halogène est tout simplement interdite
– Expert en réglementation automobile, Auto-moto-guide.fr
Cette non-conformité est une cause de défaillance majeure lors du contrôle technique. En effet, près de 11% des contre-visites concernent des problèmes d’éclairage et de signalisation. Au-delà du contrôle, lors d’un accident nocturne, si l’autre partie déclare avoir été éblouie, l’expert diligent vérifiera systématiquement la nature de vos ampoules. La découverte d’un kit LED non homologué constituera un lien de causalité direct avec l’accident, justifiant pleinement un refus de prise en charge. L’amende forfaitaire de 135€ et l’éventuelle immobilisation du véhicule ne sont alors que la partie émergée de l’iceberg financier.

L’illustration ci-dessus met en évidence la différence fondamentale de projection lumineuse. À gauche, l’halogène produit un faisceau contrôlé avec une coupure nette. À droite, la LED « adaptable » disperse la lumière de manière anarchique, créant des zones d’éblouissement. C’est cette dispersion qui est non seulement illégale mais aussi dangereuse.
Seules les ampoules LED homologuées ECE R37 pour un remplacement standard ou les véhicules équipés de phares LED d’origine sont autorisés. Tout le reste relève de la modification hasardeuse aux conséquences potentiellement dramatiques.
Vitres teintées à l’avant : quelle est la limite d’opacité tolérée par la police ?
L’application de films solaires sur les vitrages est une autre modification esthétique aux implications légales strictes. Si teinter les vitres arrière est largement autorisé, la législation française encadre très sévèrement la pratique pour les vitres latérales avant et le pare-brise. L’objectif est double : garantir une visibilité optimale pour le conducteur, de jour comme de nuit, et permettre aux forces de l’ordre d’identifier les occupants du véhicule et de constater d’éventuelles infractions (usage du téléphone, non-port de la ceinture).
Le critère clé est le Taux de Transmission de Lumière Visible (TLV). L’article R316-3 du Code de la route stipule que les vitres du pare-brise et les vitres latérales avant doivent présenter une transparence suffisante, avec un TLV d’au moins 70%. Concrètement, cela signifie que la vitre doit laisser passer au minimum 70% de la lumière. Sachant qu’un vitrage d’origine a déjà une légère teinte qui fait osciller son TLV entre 75% et 85%, la marge de manœuvre pour ajouter un film teinté est quasi nulle. La plupart des films, même les plus clairs, font passer le vitrage sous le seuil légal.
Les sanctions en cas de non-respect sont dissuasives : une amende de 4ème classe, soit 135 euros, assortie d’un retrait de 3 points sur le permis de conduire. Le véhicule peut également être immobilisé jusqu’à la mise en conformité. En cas d’accident, notamment avec un piéton ou un cycliste survenant sur le côté du véhicule, un expert missionné par l’assurance cherchera à déterminer si le manque de visibilité latérale, induit par le film illégal, a pu jouer un rôle dans la non-perception de l’obstacle. C’est un argument de poids pour contester la garantie.
Le tableau suivant synthétise la réglementation en vigueur, une information cruciale issue des directives officielles sur la conformité des vitrages.
| Zone du véhicule | TLV minimum légal | Amende si non-conforme |
|---|---|---|
| Pare-brise et vitres avant | 70% | 135€ + 3 points |
| Vitres arrière | Aucune limite | N/A |
| Lunette arrière | Aucune limite | N/A |
Oubliez les « astuces » ou les vendeurs qui garantissent des films « conformes ». La seule mesure qui fait foi est celle réalisée avec un photomètre par les forces de l’ordre. Le risque n’en vaut tout simplement pas la chandelle.
Jantes larges : pourquoi changer la dimension des pneus peut fausser votre compteur et l’ESP ?
Le montage de jantes plus grandes ou plus larges est un classique du tuning. Si l’effet esthétique est indéniable, les conséquences techniques et légales sont souvent sous-estimées. Le constructeur homologue un véhicule avec des montes de pneumatiques spécifiques, définies par leur largeur, hauteur de flanc et diamètre. Ces dimensions ne sont pas choisies au hasard : elles garantissent un comportement routier sûr, un freinage optimal et le bon fonctionnement des aides à la conduite électroniques.
Modifier la taille des jantes impose de changer les pneus pour maintenir une circonférence de roulement proche de l’origine. Un écart trop important (la tolérance est généralement de +/- 3%) a des conséquences directes. Premièrement, il fausse l’indication du compteur de vitesse et du totalisateur kilométrique. Si la nouvelle roue est plus grande, vous roulerez plus vite que ce que le compteur indique, vous exposant à des excès de vitesse involontaires. Deuxièmement, et c’est plus grave, cela perturbe les capteurs de vitesse de roue qui alimentent en informations des systèmes de sécurité cruciaux comme l’ABS (antiblocage de roues) et surtout l’ESP (contrôle électronique de la stabilité). L’ESP, qui compare en permanence la vitesse de rotation des roues pour détecter un début de dérapage, peut être leurré par des données erronées et réagir de manière inappropriée, voire ne pas se déclencher quand il le faudrait.

En cas d’accident impliquant une perte de contrôle, l’expert d’assurance analysera en premier lieu les liaisons au sol. La découverte d’une monte pneumatique non conforme aux préconisations constructeur ou aux équivalences autorisées par le tableau du TNPF (Travaux de Normalisation du Pneumatique pour la France) est un motif de contestation majeur. L’expert argumentera que la modification a altéré le comportement dynamique du véhicule et le fonctionnement des systèmes de sécurité, créant un lien de causalité direct avec la perte de contrôle.
Vérification de la conformité des pneus et jantes
Pour rester dans la légalité, plusieurs points doivent être scrupuleusement vérifiés. Il faut d’abord consulter l’étiquette présente dans la portière du conducteur ou la trappe à carburant, qui liste toutes les dimensions homologuées par le constructeur. Comparez-les avec les pneus montés. Pour des dimensions non listées, il est impératif de se référer au tableau officiel du TNPF, qui est la seule référence légale pour les équivalences dimensionnelles. Assurez-vous également que les pneus et jantes ne dépassent pas de la carrosserie et ne viennent pas frotter contre les passages de roue ou les éléments de suspension, même en braquage maximal.
Changer de jantes n’est donc pas un acte anodin. C’est une modification qui touche au cœur de la sécurité active du véhicule et qui doit être réalisée dans le respect absolu des normes pour ne pas devenir un argument massue contre vous en cas de sinistre.
Quand un accessoire esthétique devient-il une arme dangereuse pour les piétons ?
Au-delà des modifications techniques, l’ajout d’accessoires purement esthétiques peut aussi engager votre responsabilité et annuler votre couverture d’assurance. La réglementation européenne, transposée en droit français, est très claire sur les « saillies extérieures ». Tout élément ajouté à la carrosserie ne doit pas présenter de risques de blessures graves pour les piétons ou les cyclistes en cas de choc. Les formes doivent être arrondies, sans arêtes vives ou pointes agressives.
L’exemple le plus connu est celui des pare-buffles rigides, désormais interdits à la vente et au montage sur la plupart des véhicules. Mais le principe s’applique à une multitude d’autres accessoires : ailerons surdimensionnés aux fixations proéminentes, « splitters » avant aux bords coupants, ou même de simples ornements de capot pointus. En cas de collision avec un usager vulnérable, ces appendices peuvent considérablement aggraver les blessures, transformant un choc qui aurait dû être mineur en un accident aux conséquences dramatiques.
La logique de l’expert est ici implacable. Si les blessures d’un piéton sont localisées au niveau d’un accessoire non conforme, le lien de causalité est direct et incontestable. L’argument sera que, sans cet accessoire dangereux, les blessures auraient été moindres. La responsabilité du conducteur est alors pleinement engagée, et l’assureur, constatant que le véhicule a été rendu plus dangereux pour les tiers, invoquera la modification du risque pour justifier une déchéance de la garantie responsabilité civile. C’est le pire des scénarios : non seulement vos propres dommages ne sont pas couverts, mais vous devrez indemniser la victime sur vos deniers personnels, ce qui peut représenter des sommes colossales.
Cette notion est parfaitement illustrée par les directives techniques les plus strictes en matière de sécurité passive.
L’interdiction des pare-buffles illustre parfaitement la notion d’appendice agressif ou de saillie extérieure dangereuse selon la directive européenne 74/483/CEE
– Expert sécurité routière, Documentation technique Euro NCAP
Le design d’un véhicule moderne intègre des zones de déformation programmée et des formes conçues pour minimiser les traumatismes. Ajouter un élément rigide et non homologué revient à saboter sciemment cet équilibre sécuritaire.
1,6 mm de profondeur : pourquoi attendre la limite légale augmente votre distance de freinage de 50% sous la pluie ?
La non-conformité ne concerne pas uniquement les pièces ajoutées ou modifiées. Elle peut aussi découler d’un entretien négligé sur des pièces d’usure, notamment les pneumatiques. La loi fixe la profondeur minimale des sculptures d’un pneu à 1,6 mm. En dessous de ce seuil, le pneu est considéré comme lisse et le véhicule est en infraction grave, passible d’une amende de 135 euros et d’une immobilisation. Le bilan 2024 du contrôle technique révèle d’ailleurs que 0,24% des véhicules présentent une usure critique avec corde visible, une défaillance extrêmement dangereuse.
Cependant, du point de vue de la sécurité et de l’assurance, attendre cette limite légale est déjà une prise de risque considérable. La fonction principale des sculptures d’un pneu est d’évacuer l’eau pour maintenir le contact avec la route. Plus le pneu est usé, moins il peut évacuer d’eau, et plus le risque d’aquaplaning (perte totale de contrôle due à un film d’eau sous le pneu) augmente. Les tests des manufacturiers sont sans appel : sur sol mouillé, la distance de freinage d’un pneu à 1,6 mm peut être jusqu’à 50% plus longue que celle d’un pneu neuf. C’est une différence colossale qui peut transformer un simple freinage d’urgence en une collision inévitable.
Étude de cas : Tests Michelin sur distance de freinage
Les tests réalisés par les manufacturiers, comme Michelin, démontrent de manière quantifiable l’impact de l’usure des pneus. Sur une chaussée recouverte d’une fine pellicule d’eau, un véhicule freinant de 80 km/h à 0 km/h mettra plusieurs dizaines de mètres supplémentaires pour s’arrêter avec des pneus à la limite légale de 1,6 mm par rapport à des pneus neufs (environ 8 mm). Cet écart représente la longueur de plusieurs voitures et fait toute la différence entre un simple effroi et un accident grave. En cas de sinistre par temps de pluie, un expert mesurera systématiquement la profondeur des sculptures. Des pneus proches de la limite légale, même s’ils sont encore « légaux », seront un argument utilisé pour démontrer une négligence de la part du conducteur ayant contribué à l’accident.
Si l’accident survient sur route humide et que l’expertise révèle des pneus usés (même juste au-dessus du seuil légal), l’assureur pourra arguer d’un défaut d’entretien caractérisé ayant aggravé le risque. Cette négligence peut conduire à un partage de responsabilité, voire à une réduction significative de l’indemnisation. Pour l’expert, un conducteur avisé remplace ses pneus bien avant la limite légale, généralement autour de 3 mm, pour conserver une marge de sécurité acceptable.
Le pneumatique est le seul point de contact entre votre véhicule et la route. Le considérer comme une simple commodité et repousser son remplacement au dernier moment est une erreur qui se paie au prix fort en cas d’imprévu.
Impact dans le champ de vision : quand la réparation par résine est-elle interdite ?
Un impact sur le pare-brise est un événement courant. La plupart des assureurs proposent et encouragent la réparation par injection de résine, une solution rapide et moins coûteuse que le remplacement complet. Cependant, cette réparation n’est pas toujours possible ni légale. Des normes précises, définies notamment par l’AFNOR, encadrent les conditions de réparabilité d’un pare-brise, et les ignorer peut transformer une solution pratique en une non-conformité majeure.
La réparation d’un impact est formellement interdite dans plusieurs cas de figure. Le plus critique est sa position : tout impact situé dans le champ de vision direct du conducteur (généralement une bande d’environ 30 cm de large face au volant) ne doit pas être réparé. Même après injection de résine, une légère distorsion optique subsiste, pouvant gêner la perception et la concentration du conducteur. Un expert considérera qu’une réparation dans cette zone constitue une altération inacceptable de la sécurité.
D’autres critères d’exclusion s’appliquent, rendant la réparation illégale et donc le véhicule non conforme :
- L’impact a un diamètre supérieur à celui d’une pièce de 2 euros (environ 2,5 cm).
- Le pare-brise présente plus de trois impacts, même réparables individuellement.
- L’impact est situé à moins de 5 cm des bords du vitrage, fragilisant sa structure.
- L’impact a généré une fissure de plus de 30 cm de long.
En cas d’accident où le temps de réaction du conducteur est mis en cause, la présence d’un impact non-réparable (ou mal réparé) dans son champ de vision sera un élément à charge. L’expert soulignera que cette obstruction visuelle a pu retarder la détection d’un obstacle ou d’un danger, établissant ainsi un lien de causalité avec le sinistre. Le fait d’avoir roulé sciemment avec un pare-brise non conforme sera alors assimilé à une faute de l’assuré.
Avant d’accepter une réparation « de confort », exigez du professionnel une vérification de la conformité de l’intervention aux normes en vigueur. Un remplacement peut être plus contraignant, mais il est parfois la seule option pour garantir votre sécurité et votre couverture d’assurance.
À retenir
- Une pièce sans marquage « E » (dans un cercle) est illégale sur route ouverte en Europe et invalide votre assurance.
- Modifier votre véhicule sans le déclarer est une fausse déclaration du risque, un motif légal de nullité du contrat d’assurance (Art. L113-8).
- En cas d’accident grave, l’expert recherchera systématiquement un lien de causalité, même indirect, avec une pièce non conforme pour justifier une déchéance de garantie.
Quelles sont les 5 nouvelles infractions vidéo-verbalisables qui piègent les conducteurs ?
L’étau réglementaire se resserre autour des véhicules non conformes, et pas seulement via les contrôles routiers traditionnels. Le déploiement de technologies de verbalisation automatisée étend le champ des infractions détectables, y compris celles liées à des modifications illégales. Si la vidéo-verbalisation ciblait initialement le non-respect des feux rouges ou les stationnements gênants, son champ d’action s’élargit constamment, et les autorités testent de nouveaux dispositifs pour traquer les non-conformités.
Parmi les innovations notables, on trouve les radars sonores. Ces dispositifs, en cours d’expérimentation dans plusieurs villes françaises, sont conçus pour mesurer le niveau de bruit émis par un véhicule et verbaliser automatiquement ceux qui dépassent les seuils autorisés. Ils ciblent en premier lieu les échappements modifiés ou « libérés », une modification très prisée pour la sonorité qu’elle procure, mais strictement illégale si la nouvelle ligne n’est pas homologuée. L’amende pour un pot d’échappement non conforme peut déjà atteindre 1 500 € avec immobilisation, et ces nouveaux radars rendront la détection quasi systématique en zone urbaine.
Au-delà du bruit, la vidéo-verbalisation peut déjà sanctionner des infractions liées à des équipements :
- Non-port de la ceinture de sécurité : Facilement visible à travers un pare-brise non sur-teinté.
- Usage du téléphone au volant : L’une des cibles prioritaires des caméras.
- Franchissement et chevauchement de lignes continues.
- Non-respect des distances de sécurité.
- Circulation sur des voies réservées (bus, vélos).
Cette surveillance accrue signifie que la probabilité de se faire sanctionner pour une infraction, même mineure, augmente. Chaque verbalisation est une trace qui peut, en cas de sinistre, être versée au dossier par la partie adverse pour tenter de prouver un comportement de conduite à risque. Le bilan officiel du ministère pour 2024 montre déjà que 19,44% des véhicules sont soumis à une contre-visite, preuve que la non-conformité est un problème massif.
Avant tout achat ou modification, la prudence est votre meilleur atout. Prenez le temps de vérifier la conformité de chaque pièce et, en cas de doute, consultez un professionnel agréé pour valider votre projet. Votre sécurité et votre avenir financier en dépendent.
Questions fréquentes sur Pièces auto non homologuées : pourquoi votre assureur refusera de vous couvrir en cas d’accident ?
Les rampes LED additionnelles sont-elles autorisées sur route ?
Non, l’usage de rampes LED additionnelles est strictement interdit sur route ouverte si elles s’allument en même temps que les feux de route ou de croisement. Elles sont considérées comme des feux non réglementaires. Leur utilisation est exclusivement réservée à un usage « off-road » (hors des voies publiques) ou pour des véhicules d’intervention spécifiques. En cas de contrôle, l’amende est de 135 € et le véhicule peut être immobilisé.
Un échappement modifié peut-il réellement annuler mon assurance ?
Oui, sans équivoque. Un système d’échappement est homologué pour respecter des normes de bruit et de pollution. Le remplacer par un modèle non homologué est une modification technique majeure. En cas d’accident, même sans lien apparent, un expert peut arguer que cette modification constitue une fausse déclaration du risque (aggravation non déclarée), justifiant une déchéance de garantie. De plus, les nouveaux radars sonores peuvent entraîner des sanctions allant jusqu’à 1 500 € et l’immobilisation du véhicule.
Mon assureur peut-il me sanctionner pour des vitres teintées à l’arrière ?
Non, la réglementation française n’impose aucune limite de teinte (ou de Taux de Transmission de Lumière Visible) pour les vitres latérales arrière et la lunette arrière. Vous pouvez donc y appliquer le film de votre choix sans risquer de sanction légale ou de problème avec votre assurance pour ce motif. La restriction stricte à 70% de TLV minimum ne s’applique qu’au pare-brise et aux vitres latérales avant.